Depuis un moment maintenant, je me documente, je lis, j'expérimente, je médite seul ou en groupe, à la recherche de ce qu'est la pleine conscience.
Toutes les explications, les articles, les commentaires qui croisent mon chemin ne font que renforcer ce sentiment qu'il m'est difficile d'en faire vraiment l'expérience.
Aussi, quand je me propose de parler de la pleine conscience dans un article, on peut assurément se dire que je ne suis pas tellement légitime.
Et cela est vrai !
Je ne suis pas Jon Kabat Zinn, ce merveilleux médecin américain qui prône depuis des années la méditation dans les cliniques de traitements de la dépression.
Je ne suis pas non plus Matthieu Ricard ou Christophe André, ces deux ménestrels français de la pleine conscience.
Alors, donc, que puis-je apporter de plus à ce débat ?
Eh bien, juste mon expérience personnelle, qui je vous l'accorde n'a pas valeur de vérité absolue.
Je veux seulement exposer mon ressenti de nul de la pleine conscience...
Imaginons, si vous le voulez bien. Oui ? Oh, merci de me donner votre accord !
Imaginez que vous êtes en train de vous promener sur un chemin qui borde un fleuve...
Ce chemin est de terre, bien sûr. Et en ces temps humides, vous êtes emmitouflé dans une parka chaude ou un imperméable. Cela vous est déjà arrivé, n'est-ce pas ?
Vous marchez d'un bon pas, il faut bien se dépenser un peu, non ?
Êtes-vous seul ou accompagné ? Je l'ignore...
Qu'importe... disons, quoi qu'il en soit, que vous êtes absorbé, au choix, par votre pensée, ou par la conversation. Vous marchez, mécaniquement, votre corps sait ce qu'il a à faire. Le nez et le regard par terre, sans vraiment voir...
Et vos sens captent tout à coup une présence, une personne que vous croisez et que vous n'aviez pas vu arriver. Vos yeux se relèvent, évaluent la distance nécessaire pour la dépasser sans la percuter, éventuellement, vous faites un écart.
Puis vous reprenez votre introspection quelques centaines de mètres. Là, vous arrivez à un passage avec des ornières dans le chemin, des flaques, des cailloux, de la boue. Pour ne pas salir trop vos chaussures, vous regardez exactement où vous voulez poser vos pieds.
Une fois l'obstacle passé, votre ballade reprend, et votre dialogue, interne ou externe également.
C'est alors que votre audition est attirée par les chants des oiseaux, et vous décidez d'y prêter vraiment attention, car après tout, ce n'est pas habituel, en cet hiver, des oiseaux qui chantent comme au merveilleux printemps.
Vous arrivez au bout de votre périple. Vous avez expérimenté trois fois la pleine conscience, de manière très brève, je vous l'accorde. Pour autant, vous êtes sorti d'un état de concentration dirigé vers l'intérieur ou vers l'extérieur pour vous consacrer le temps de quelques secondes à l'immédiateté de l'instant, pour croiser un passant, pour voir où vous mettiez les pieds, ou pour écouter le cui-cui des oiseaux...
C'est cela, selon moi, la pleine conscience. Être pleinement dans une expérience au moment où elle se produit.
Vous voyez, finalement, c'est pas si compliqué, n'est-ce pas ?
Alors, vous commencez quand ?
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