Assez, oui, assez…
Assez de violence, de haine, de destruction.
Dans mon bureau, là, tôt ce matin, j’ai peine à supporter la musique douce de la salle d’attente, censée détendre les consultants lorsqu’ils arrivent, quand elle me semble en totale contradiction avec ce que je vis en moi-même. Pourtant je l’entends et la laisse s’infiltrer en moi, car je sais qu’elle agira quand même comme un baume sur mes bleus psychiques. La musique ne transforme pas les auditeurs en singes ou en porcs, comme le déclame cet imam, en France, à des enfants toute ouïe, vu il y a quelques minutes sur internet.
Assez, oui assez…
Assez aussi d’images, de matraquage d’informations en litanie, d’annonces médiatiques. Où que l’on se tourne, cela tourne aussi en boucle, difficile d’y échapper. Parler ? Bien sûr, c’est important, libérer la parole, exprimer ce que l’on ressent, cela fait partie de la réparation, de la guérison. Mais ressasser, ruminer, entretenir, se rouler dans sa douleur, s’en repaître comme on en ferait un étendard, cela n’est pas utile, cela empêche la résilience.
Alors ? Vivre, oui, vivre, malgré tout, malgré eux, sans doute la meilleure réponse que l’on puisse apporter. L’humain est un être paradoxal, avec des pulsions de vie et aussi des pulsions de mort, cela fait partie de sa nature. Toutes les religions ont vainement essayé de faire disparaître ce côté sombre…
Assez, oui, assez…
Assez aussi de jeux de combats, de vidéos violentes, de films de guerre. Car la kalach, la mort froidement donnée, sans émotion apparente, comme au stand de tir, qui sont sans aucun doute le résultat de la manipulation perverse des chefs de guerre sur des esprits faibles, sont également l’héritage de cette banalisation de l’horreur, je tue comme je respire sur Call of Duty, massacre facile sur League of Legend. Assez de tout ceci ! Nous étonnons-nous, à présent, que de jeunes gens, imprégnés de cette standardisation de l’horreur, nous reviennent pétris d’un désir de meurtres pseudo-religieux dénué de conscience ?
Assez, oui, assez…
Assez des états qui arment des bras, vendent, marchandent, fournissent aux peuples les instruments de mort que ces mêmes peuples finissent par retourner contre ceux-là mêmes qui les leur ont fournis.
C’est un cri, mon cri, celui d’un humain qui a vu cela de très près, en Irak, en 1990, qui a secouru des militaires à terre, sans plus de pied ou de bras, hurlants dans la chaleur écrasante du désert.
Pas plus que de nombreux concitoyens, je ne sais comment faire pour échapper à cette insupportable image de l’humanité. De guerres, las…
Une lueur, cependant… Des humains exceptionnels, des héros du quotidien, qui sauvent des vies, qui aident, qui pensent aussi, et qui écrivent, qui enseignent, qui transmettent, et qui s’accrochent envers et contre tout à leurs valeurs humanistes. Une amie a dit ceci : « J’ai mal à ma tolérance… Alors oui, toi, le psychopathe malveillant, tu viens de me donner la définition et le pire exemple de l’intolérance ! Croyais-tu, ton pouvoir de manipulation, suffisamment puissant pour me contaminer? Et bien ! Non ! Je refuse ! Pour moi, comme pour de très nombreuses personnes, la tolérance est une valeur de vie ! Je ne fais pas l’amalgame entre toi et les vrais croyants ! Et je me laisse vivre ma tolérance ou plutôt l’accueil de ce qui est présent. Dans la conscience même que nous sommes tous dissemblables, et que nos fonctionnements sont différents. Dans la conscience de l’humain et de l’humanité, je te laisse à ta folie pour ouvrir mon cœur et mes bras à tous ceux que tu n’auras pas contaminés*. »
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J'ai mal - Nathalie Vallet Sophrologue à Lyon
Devant l'horrible réalité des attentats de ce vendredi 13 Novembre... Quand le tonnerre de l'intolérance et de l'ignorance conjuguées à la haine, s'abat sur des innocents, pensant éradiquer l...
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